Publi le mercredi 21 mai 2008

Sommes-nous la somme de toutes les sommes?

21 05 2008

Ça fait longtemps que je ne me suis pas aiguisé les dents sur un sujet social, que dis-je, hautement humanitaire et, qui pour la plupart des gens que je côtoie ont en horreur de se branler intellectuellement sur ce qui se passe dans les pays étrangers et qui plus est, sous aucun prétexte ne veules se laisser attendrir sur le sort et les problèmes que subit en ce moment l’humanité. Ça ne les concerne tout simplement pas. Pourquoi? Probablement parce que ça ne se passe pas chez eux et qu’ils ont d’autres chats à fouetter et plusieurs problèmes à résoudre dans leur propre cour, dont le tri de leur vidange, de négocier avec des ados complètement en dehors de la réalité, de renouer avec leur conjoint pour toutes les causes perdues. Voilà une manière « cool » de voir les choses. Non? Lundi dernier, ma voiture m’a laissé choir pour un démarreur; quelle horreur et quel hold-up! Rare, chose très rarissime puisqu’en ce lundi, je n’ai pas de quoi me véhiculer et que je ne peux me rendre à mon travail car, il n’y a pas de transport en commun pour desservir ma situation de travailleur, j’achète donc le journal le Devoir et là, pour une fois, en dedans de tout mon être, j’ai filé un mauvais coton et me suis senti «cheap». Un cataclysme s’acharne et s’abat sur la Birmanie, un petit pays dirigé par une dictature purement débile et corrompue selon les experts. Ce ne sont pas ces mêmes dirigeants Birmans qui ont déménagé la capitale de ce pays par pure paranoïa ? Superstitieux. Xénophobe. Paranoïaque. Ces qualificatifs reviennent souvent pour décrire le général en chef de la junte birmane, Than Shwe. Le militaire de 75 ans dirige la Birmanie de façon brutale et autoritaire depuis plus de 15 ans. Je me suis senti mal, un pays contrôlé par un gouvernement quel qu’il soit refusant l’aide humanitaire, je dois vous avouer que ça m'a complètement renversé. (Petite nature va, tu as le même feeling que Madame George Bush!) De toute manière, dans quelques semaines, tout l’monde aura oublié ce drame humanitaire. Si ce n’est déjà fait? C’est déjà fait! Que ce soit le Tibet, la Birmanie, la Chine, l’Afrique ou Haïti aux prises avec des problèmes de respect des droits humains ou encore, d’autres pays sur cette planète frôlant la famine, le sida et le manque d’eau, je me sens « cheap ». Je n’ai aucune ressource pour intervenir, je n’ai aucun moyen de me faire entendre, donc, je suis un pauvre con qui regarde passer le train, et, soit dit en passant, je ne suis pas le seul. Je nous regarde au Québec, ça va bien tout de même en comparaison au reste du Monde. À part le fait que l’on se fait diriger par la mafia dans tous les sens du terme, ça va bien? Nous n’avons pas de dictature officielle, nous n’avons pas de généraux de l’armée voulant prendre le pouvoir pour établir un diktat. Nous n’avons pas ce genre de cataclysmes qui viennent chambarder nos vies de porteur d’eau. Nous n’avons pas ce problème de famine aigue qui sévit actuellement sur la planète. Ça va bien non? Nous avons nos pauvres, nous avons nos riches, nous avons nos mères mono parentales, nous avons nos putes, nous avons nos drogués, nos violeurs, nos tueurs et nous avons nos génies. Sweet isn’t ? Nous avons de plus, nos copains fédéralistes québécois et canadiens les plus merveilleux du monde occidental qui nous surveillent quotidiennement et qui nous manipulent en nous flattant dans le sens du poil pour nous assimiler à l’« English way of life ». Ça va bien non? So sweet isn’t ? Le Canadien de Montréal s’est fait sortir allègrement des séries éliminatoires de la coupe Stanley par les Flyers de Philadelphie, bon et puis. Toutes les petites personnes fanatiques ont rangé leur petit fanion à la con qui décorait leur voiture, et c’est déjà chose du passé. Tout compte fait, nous sommes un peuple assimilable, privilégié, gentil et dévoué à la cause capitaliste. C’est pas beau ça? So sweet isn’t ? Que les garderies soient à sept ou quinze dollars, le citoyen en général s’en câlisse profondément. Que Pauline Marois pisse dans sa culotte et dans le froc de l’opposition ou du parti au pouvoir, le monde s’en câlisse. Que Mario Dumont chute dans les sondages, les libéraux et les péquistes en sont ravis et les « Pepsi » aussi. Il y a un mouvement général de bien-être et en même temps une décadence sournoise qui nous guette tous. Le petit Québécois se fait fourrer à tour de bras par les fournisseurs qui leur donnent les services « dits » essentiels; le consommateur chiale, il rouspète, et puis on passe à autre chose. Mon voisin qui est mort la semaine dernière à l’âge de 90 ans et qui a vécu une vie de sainteté doit bien rigoler dans son crématoire à la con. Pendant quelques heures, ses proches ont été compatissants, ont souffert de sa disparition et puis mine de rien, ont mis sa maison en vente avant son enterrement et puis on passe à un autre appel. Si c’est ça la vie, elle bien triste. Ma cartomancienne m’a dit que j’avais un nuage gris au-dessus de la tête, c’est probable, mais au moins, il y a un nuage, pas un espace vide. J’aime ma conjointe, les gens sont surpris et étonnés. Je l’aime d’un amour profond, les gens n’y croient pas. Je fais de mon mieux tous les jours, et je n’en retire absolument rien de convaincant. Je recherche le bonheur, et là, je deviens automatiquement un fanatique. Je crois toujours que le Québec devrait pour sa survie et la survie de langue française dans le monde, devenir indépendant, mais je suis dépassé et vieux jeu. Que faire? Devenir bouddhiste, charlatan, politicien, joueur de foot et hockeyeur ou mieux encore fréquenter une « pitoune » avec de grosses boules (oui, je sais, c’est pas gentil) en me laissant envahir par la médiocrité et le synthétique tout en tombant dans l’exagération intellectuelle en m’adressant avec sarcasme à Desmarais-Sarkosy-Harper-Charest et tout ce ramassis de pleins… pour leur faire comprendre que la vie est une bien triste randonnée dans les dédales du pouvoir, que la pauvreté est la porte d'entrée du communautaire commun et que la reine d’Angleterre n’est pas ma souveraine. Essayez donc pour le plaisir de calculer la somme totale de ce que nous sommes? Si vous n’y arrivez pas, demandez à Power Corp de vous donner la réponse! JIPIZ 13-05-08





1 Commentaire :

Commentaire écrit le samedi 24 mai 2008 à 07:34:55 (lien)
Guy Morand
"My God" Jean-Pierre,que d'agressivité!
Si ta voiture ne t'avait pas laissé tomber et si tu n'avais pas lu Le Devoir, aurais-tu été un peu plus serein ?
Vite change de voiture ( dommage, il n'y en a pas de québécoise...) et lit les petites annonces du Journal de Montréal...On y parle de voitures et de putes, parait-il...
En ce qui concerne les "petites personnes fanatiques et leur fanion à la con" dont je suis, au moins ^ca c'est drôle !

Vite change de voiture !


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