Publi le mercredi 13 février 2008

Supermarché !

13 02 2008

Dimanche fin d’après-midi, ma blonde me quitte et j’en suis tout triste, car elle est partie travailler pour gagner sa vie, elle qui ne la pas encore perdue. Je suis persuadé qu’encore une fois elle se désâmera à son boulot pour que les gens soient bien servis et bien accueillis, qu’elle sourira surtout si elle n’a pas le cœur à la fête, recommencera à se fendre la face en quatre avec un large sourire pour le suivant, la suivante et les autres suivants de la consommation dominicale et elle pensera à moi, j’en suis certain. Si elle n’avait pas cette bonne humeur accrochée à son visage et soudée à l’intérieur de ses tripes, je crois que le supermarché où elle accomplit son devoir de travailleuse ferait assurément faillite par manque de courtoisie. Avez-vous remarqué que dans la plupart des établissements commerciaux, les employés sont maussades, négligents et presque toujours en fusil ? Nous ignorons sur qui ils veulent tirer, mais nous sommes toujours les cobayes de leur triste guerre. Je sais, le travail n’est pas fait pour l’humain puisque cela le fatigue ! Je sais ! Mais bon, il faut bien mériter son maigre salaire de crève-la-faim pour nourrir les enfants, tout en se laissant bon gré mal gré exploités et fourrés, sous toutes les coutures pas ses employeurs, surtout dans les épiceries du Québec. C’est peut-être à cause de ces emplois précaires que les travailleurs de l’alimentation sont toujours acerbes, grogneux, impatients et sans entregents lorsqu’ils font face aux exigences éhontées des consommateurs. De toute manière, les consommateurs ne respectent pas ce genre de travailleur et les considèrent tels des citoyens de seconde zone, des esclaves, quoi. Et de plus, ces mêmes consommateurs sont sans respect pour les autres consommateurs puisqu’en virant les tablettes d’épiceries à l’envers, en laissant traîner leur kriss de panier dans le stationnement, en bousillant les fruits et légumes, ils augmentent leur pouvoir égocentrique et détériorent la qualité de vie des autres. Si c’est cela la conscience sociale ! Bon, je suis en train de m’écarter de ma blonde, la souriante et gentille femme que j’ai d’ailleurs rencontrée dans l’exercice de ses fonctions. Lors de nos périodiques rencontres, je la trouvais tellement, tellement vivante et pleine de bon sens que j’ai osé après plusieurs tentatives de la courtiser officiellement et de la demander en mariage ! Pourquoi le mariage ? Parce que je l’aime tout simplement ! Probablement et sans doute à cause de sa manière d’être heureuse, sa façon de rire au moindre jeu de mots, de s’esclaffer pour des peccadilles enfantines et surtout, surtout pour son grand sens de l’humour. Si toutes les personnes oeuvrant dans le domaine public avaient un petit, un tout léger dix pour cent de sa jovialité, les entreprises seraient on ne peut plus accueillantes et florissantes et nous serions tous en ligne avec nos denrées alimentaires pour les faire valider par son bonheur de petite caissière et par son tiroir-caisse rempli d’étoiles filantes. JIPIZ 02-08